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djamalLES ETUDIANTS COMORIENS DE FRANCE ET LEURS PARENTS
Les processus migratoires tels qu’ils se produisent aujourd’hui aux Comores sont tous nourris et déterminés par les mêmes principes de rupture qui produisent trois agents eux-mêmes pratiquant trois
différents types d’émigration. L’émigration coutumière, l’émigration de réfection et l’émigration scolaire. Toutes obéissent aux mêmes principes de rupture, et de déclassement. La colonisation était à l’origine de la première : ses effets et ses ravages de dépossession économique et politique a conduit les insulaires à s’exiler en Afrique puis en France. Ils perpétuent malgré l’exil, à restituer leur groupe et leurs pratiques dans leur société d’immigration. L’usage qu’ils font de l’immigration nourrit l’émigration, et par là, cette émigration se nourrie d’elle-même.

À côté d’elle, se rajoute l’émigration de réfection. Elle concerne un grand nombre d’hommes politiques, déchus de leurs positions, abandonnant la lutte politique ; leur émigration est une forme d’expression de déchéance individuelle mais aussi une des formes de stratégies par lesquelles ils déploient à des fins de réfection, de refabrique d’une nouvelle identité

. Quant à la troisième forme d’émigration, elle est le produit de rupture d’ordre politique et sociale. La colonisation qui s’est imposée avec la création de l’institution scolaire avait pour effet de transformer des individus dotés d’inconscient historique en des agents d’inconscient scolaire, donc dociles à adhérer aux valeurs que l’école transmette. Et par la logique de la concurrence, de la compétition entre les titres que l’Ecole elle-même a favorisé, doublée par les crises de l’enseignement, les convertis n’avaient
d’autres moyens d’accroître le volume de leurs propriétés que par l’émigration.

djamalM'SA ALI Djamal  a signé  en 2004 son premier livre  intitulé La dynamique de l'Histoire aux éditions Les Belles Pages. Il est le rédacteur en chef du journal Kweli Le Magazine des Comores, et responsable de l'Association de La Lune. 

Il a travaillé sur la vie politique aux Comores dans le cadre d'un mémoire de Maîtrise de Science politique intitulé Les détenteurs du pouvoir aux Comores, 2004, Paris X Nanterre- dirigé par Guillaume Courty, et sur l'immigration comorienne dans le cadre d'un mémoire de DEA de Sociologie politique/Politiques Comparées intitulé  Étudiants émigrés comoriens et leurs parents: une socioanalyse des usages et de contradictions des projets migratoires, 2005, Paris X Nanterre- dirigé par Bernard Pudal. Il prépare actuellement une thèse sur la sociologie de l'héritage familiale aux Comores.

Lire l'entretien sur la société comorienne

 

Copyright ©2006 Les éditions kalamu des îles