DINI NASSUR LE POÈTE ENGAGÉ

Dini Nassur est un écrivain comorien d’expression française et comorienne (shikomori).

DININASSUR1Il est né en 1962 à Simboussa Mbadjini. Il entre au Shiyoni (école coranique) très tôt et devient le meilleur élève en lecture du coran et des chants soufi, puis grâce au soutien de ses parents, fait ses études primaires à Nioumamilima et à Mdjoiezi avant de poursuivre ses études secondaires au Lycée Saïd Mohamed Cheick jusqu’en classe de 4ème . Il quitte le lycée en 1976 pour participer à la révolution d’Ali Soilihi. Il est de ces jeunes révolutionnaires formés par le président Ali Soilihi pour la communication de développement. Il mène plusieurs activités à la radio comorienne (Radio Comores) jusqu’à la chute de la révolution. Il reprend les études, et entre au collège rural d’Itsandra puis au Lycée Saïd Mohamed Cheick jusqu’au Baccalauréat.
Elève, il n’abandonne pas pour autant ses combats politiques, il fera plusieurs fois la prison, pour ses idées politiques, pour s’être battu contre le pouvoir des mercenaires, il connaîtra la torture et sera privé de toutes ses libertés.
En 1984, il obtient son baccalauréat, il part pour la France, à Roanne, en région Auvergne-Rhône-Alpes, pour y suivre des études d’agent de développement rural de régions chaudes, ensuite il fait des études sociales à l’Institut d’études Sociales de Lyon où il reviendra plus tard pour des études expert en ingénierie d’études de développement local, au Centre International d’Etudes de Développement Local.
De retour aux Comores, il occupe successivement les postes d’agent de développement rural, chef de service, directeur de centre de développement rural, responsable de planification et de suivi/évaluation au Ministère de l’agriculture. Et puis Directeur Général de l’agriculture et du développement rural.

LE MINISTRE

En mars 1990, Saïd Mohamed Djohar est élu à la présidence des Comores. Il chasse les mercenaires, instaure la liberté d’expression et sollicite la jeunesse comorienne. En 1995, il fait entrer Dini Nassur au gouvernement au poste de Ministre de la fonction publique, chargé des relations avec le parlement, et porte-parole du gouvernement. Il y restera quelques mois.
Dini Nassur se révèle sur la scène nationale grâce à son expertise dans le secteur de l’agriculture. Il dompte le monde paysan, qu’il réussit à réorganiser en coopératives agricoles, et encourage les mutuelles de production agricoles dans tout le pays, il parfait sa connaissance des techniques agricoles et expérimente des nouvelles cultures qui accroissent sa popularité dans les campagnes rurales.
En 2001, une nouvelle ère s’ouvre sur les Comores, l’Union des Comores est née, et le pays est reparti en trois autonomies. Dini Nassur sera sollicité par celle de Ngazidja à plusieurs reprises.
En 2002, pendant le premier gouvernement  de l’île Autonome de Ngazidja du président Elbak, il est nommé ministre de la communication, du développement communautaire et de la diaspora, puis, ministre de l’agriculture et de la pêche, en 2006.
En 2008, une nouvelle crise à Anjouan éclate, Dini Nassur, bien qu’opposant du pouvoir en place, soutient le camp unioniste.
Et il dira plus tard que le combat politique se réalise dans la contradiction de tout genre. Il croit que toute conscience politique qui se manifeste en prenant en compte les acquis et les difficultés de la société civile constitue les fondements d’un projet politique fiable.

LE MILITANT ASSOCIATIF ET POLITIQUE

Dini Nassur, militant associatif insatiable a toujours évolué avec cette dynamique de la vie associative, qui est pour lui, aujourd’hui, une source d’inspiration et un terrain de pratique sociale. On y apprend à maîtriser les facteurs consensuels nécessaires pour mener des actions collectives. Et il soutient qu’un projet associatif ne se construit que dans le consensus.
Membre fondateur du mouvement politique alternatif Naribarikishe yi komori il devient le premier secrétaire national. Naribarikishe yi komori est un mouvement créé en 2015 à l’initiative des cadres de la Diaspora comorienne de France.

L’HOMME DE LETTRES

Dini Nassur se révèle sur le monde de la presse et de l’écriture grâce d’abord à sa plume acerbe et pertinente dans le journal la gazette des Comores, et ensuite pour ses poèmes et son roman psychologique KOSA la faute.
Pour Dini Nassur, le geste même de l’écriture, reste le produit du combat de l’écrivain contre un extérieur ou un intérieur qui l’agresse.
LE POÈTE

Couv_Mots_Dini_Nassur-4Mots et maux d’ailleurs
Ce volume contient les poèmes écrits entre les premières heures insulaires et l’exil occidental. Le titre et les poèmes sont à l’image du poète.
Mots et maux d’ailleurs est un hymne d’amour à la fois, à la mère patrie (Déclaration d’amour) à la femme comorienne (Ma petite Mwandziwa), et un message d’espoir pour les Comores (Pour le pays), ces îles de l’Océan Indien, prises entre deux mondes : l’Afrique-mère et l’Autre monde.
Mots et maux d’ailleurs est un manifeste d’engagement dans cette terre d’insularité cosmopolite : le poète porteur d’un blanc-seing y donne sa vision des choses (Il faudrait que cela aille) ; libérant désormais les mots à partir de ses maux.
Mots et maux d’ailleurs est une exposition de soi : l’écrivain assume clairement son statut de poète engagé, narrant l’histoire de son peuple (Le chant de rêve) sans oublier de nous rappeler les tristes histoires de ce monde (La petite fille de Tripoli et Deux mots pour la Palestine).
Dini Nassur confirme par ces textes sa place de témoin privilégié des heures sombres insulaires après le rôle qu’il a joué face à la Grande Révolution Soilihienne qui constitue le moment où se forge une parole autonome, authentique et collective des intellectuels comoriens dans l’espace littéraire et politique de l’Archipel.