ENTRETIEN AVEC UN DRAMATURGE

Lirexpress : Patrice Ahmed Abdallah, préférez-vous que l’on vous définisse: dramaturge?

Patrice Ahmed Abdallah: Pour avoir, certes, écrit des pièces de théâtre. Mais j’aurai voulu être poète. C’était mon rêve. D’ailleurs dans mon théâtre, il y a toujours une certaine « charge » de poésie.. car la poésie est une création plus pure dans la mesure où elle est ce qui nous permet de nous rapprocher le plus de l’indicible, même si elle reste une approximation..

Vous soumettez-vous à une ou à des disciplines d’écriture selon les genres?

Patrice Ahmed Abdallah: Oui: l’écriture (le style, le rythme) n’est pas la même lorsqu’il s’agit d’écrire un roman ou une pièce de théâtre. La différence est encore plus marquée pour la poésie. Max Jacob disait qu’entre un romancier et un poète, la différence est que « le romancier travaille, tandis que le poète souffre ». Je crois qu’il ne faut pas faire de littérature dans le théâtre. Ainsi, je me laisse guider par le sens du dialogue, qui me préserve de glisser vers le romanesque. Pour ce qui est des dialogues, je les travaille énormément, mais je les reprends et les retravaille beaucoup.

Quel regard peut-on porter sur l’ensemble de votre œuvre?

Patrice Ahmed Abdallah: Je suis à mon quatrième pièce de théâtre, mon œuvre, donc, n’est pas encore variée.

Comment êtes-vous venu à l’écriture? Avez-vous connu d’autres tentations artistiques?

Patrice Ahmed Abdallah: La musique, surtout la peinture étaient pour moi très tentantes. Mais avec un papier et un crayon, c’était plus simple de faire naître quelque chose, des dialogues par exemple…

Comment voyez-vous votre œuvre, dans les années à venir?

Patrice Ahmed Abdallah: Que mes œuvres soient étudiées…Qu’on en fait des maîtrises et des thèses, qu’on me cite et on me commente. J’espère qu’on me reconnaîtra une certaine liberté de ton, une originalité de l’écriture. Voyez-vous, on écrit mais on garde l’impression qu’on n’a rien dit du tout.

Quel regard portez-vous sur la création comorienne, et plus précisément sur le théâtre?  

Patrice Ahmed Abdallah: La littérature comorienne, dans son ensemble, est porteuse d’espoir, riche et prometteuse.

Propos recueillis par LirExpress